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Le zinc : un oligoélément essentiel pour l'immunité, la peau, les hormones et le cerveau

il y a 4 jours
10 min de lecture


On parle beaucoup du magnésium, du fer ou de la vitamine D, mais le zinc est un oligoélément tout aussi indispensable à notre santé. Pourtant, ses nombreux rôles restent souvent méconnus !

Immunité, cicatrisation, peau, cheveux, fertilité, équilibre hormonal, glycémie, humeur… Le zinc intervient dans une multitude de fonctions de notre organisme.

Il participe à l'activité de plusieurs centaines d'enzymes et joue notamment un rôle fondamental dans la division cellulaire, la synthèse des protéines, la réparation des tissus et la protection contre le stress oxydatif.

Un apport insuffisant peut donc avoir des conséquences très variées, parfois difficiles à relier spontanément à un manque de zinc.

Découvrons pourquoi cet oligoélément mérite toute notre attention, comment reconnaître un éventuel déficit et quelles formes privilégier pour une supplémentation.


1. Le zinc : un acteur majeur de notre immunité

Le zinc est indispensable au bon fonctionnement de notre système immunitaire.

Il intervient notamment dans le développement et l'activité de nombreuses cellules immunitaires, dont les lymphocytes T, qui jouent un rôle central dans la défense de l'organisme.

Le thymus, organe particulièrement important dans la maturation de ces lymphocytes, dépend également d'un statut nutritionnel adéquat en zinc.

Un manque de zinc peut ainsi s'accompagner d'une plus grande sensibilité aux infections, d'une réponse immunitaire moins efficace ou d'une récupération plus lente.

Le zinc intervient aussi dans la régulation des réactions inflammatoires et la protection des cellules contre les dommages oxydatifs.

C'est donc un oligoélément particulièrement intéressant à surveiller chez les personnes présentant des infections fréquentes, une fatigue persistante ou des difficultés à récupérer après une maladie.


2. Peau, cheveux, ongles : le zinc au cœur de la réparation des tissus

Le zinc est essentiel à la multiplication et au renouvellement des cellules. Il intervient directement dans la synthèse des protéines et la réparation des tissus.

Il contribue notamment à :

  • La cicatrisation des plaies et des petites lésions cutanées.

  • La santé de la peau, notamment dans les mécanismes impliqués dans l'acné et certaines dermatoses inflammatoires.

  • La croissance et la résistance des cheveux, un déficit pouvant favoriser leur chute.

  • La solidité des ongles, qui peuvent devenir fragiles ou cassants lorsque les apports sont insuffisants.

Le zinc participe également à la régulation de l'activité des glandes sébacées et au fonctionnement normal de la barrière cutanée.

En consultation, c'est donc un oligoélément auquel je m'intéresse particulièrement lorsqu'une personne présente de l'acné, de l'eczéma, une mauvaise cicatrisation ou une chute de cheveux.

Bien entendu, ces manifestations peuvent avoir plusieurs causes, mais le statut en zinc constitue une piste intéressante à explorer.


3. Le zinc : un allié essentiel de la muqueuse intestinale

On parle souvent du zinc pour l'immunité ou la peau, mais son rôle dans la santé intestinale est tout aussi intéressant !

La muqueuse intestinale se renouvelle très rapidement et dépend de nombreux nutriments pour assurer sa réparation et son bon fonctionnement.

Le zinc intervient notamment dans :

  • Le renouvellement des cellules intestinales, grâce à son rôle dans la division cellulaire et la synthèse des protéines.

  • Le maintien de la barrière intestinale, en participant au bon fonctionnement des jonctions serrées qui relient les cellules de l'intestin.

  • La régulation de l'inflammation locale et la protection contre le stress oxydatif.

  • Le fonctionnement immunitaire intestinal, essentiel à l'équilibre entre défense et tolérance.

Un déficit en zinc peut ainsi fragiliser la barrière intestinale et perturber les mécanismes de réparation de la muqueuse.

C'est pourquoi, dans ma pratique, je m'intéresse particulièrement au statut en zinc chez les personnes présentant des troubles digestifs chroniques, une malabsorption ou une perméabilité intestinale augmentée.

Il existe d'ailleurs un cercle vicieux possible : une muqueuse intestinale fragilisée peut diminuer l'absorption du zinc, tandis qu'un manque de zinc peut à son tour compromettre son renouvellement.

Le zinc constitue donc un élément important à considérer dans une approche globale de la réparation intestinale, aux côtés notamment de la L-glutamine et d'une alimentation adaptée.


4. Zinc, cerveau et neurotransmetteurs : un rôle souvent méconnu

Le zinc ne joue pas seulement un rôle dans l'immunité et la peau : il intervient également dans le fonctionnement du système nerveux.

Il participe à la communication entre les neurones et à la régulation de plusieurs systèmes de neurotransmission, notamment ceux impliquant le GABA, le glutamate et la sérotonine.

Ces neurotransmetteurs interviennent dans l'humeur, la gestion du stress, la concentration et l'équilibre émotionnel.

Un statut insuffisant en zinc a notamment été associé à certains troubles de l'humeur et à des symptômes dépressifs.

Le zinc contribue également à protéger les cellules nerveuses contre le stress oxydatif.

C'est donc un élément à ne pas négliger lorsqu'on s'intéresse à la fatigue mentale, aux difficultés de concentration ou à l'équilibre émotionnel, particulièrement lorsque d'autres signes de carence sont présents.


5. Hormones, fertilité et prostate : pourquoi le zinc est-il si important ?

Le zinc intervient dans de nombreux mécanismes hormonaux et reproductifs.

Chez l'homme

Il joue un rôle important dans :

  • La production et la maturation des spermatozoïdes.

  • Le maintien d'un taux normal de testostérone.

  • La fertilité et la fonction reproductive.

  • Le fonctionnement normal de la prostate.

Un déficit peut notamment s'accompagner d'une baisse de la fertilité ou de troubles de la fonction sexuelle.

La prostate est d'ailleurs un organe particulièrement riche en zinc. Son rôle dans la physiologie prostatique fait l'objet de nombreuses recherches, même si une supplémentation ne constitue pas à elle seule un traitement de l'hypertrophie bénigne de la prostate.

Chez la femme

Le zinc intervient également dans le fonctionnement reproductif, la division cellulaire et les mécanismes hormonaux.

Il joue un rôle important pendant la grossesse, période durant laquelle les besoins augmentent pour accompagner la croissance et le développement du bébé.

Et pour la thyroïde ?

Le zinc participe également au métabolisme des hormones thyroïdiennes, notamment à travers son implication dans différentes enzymes et mécanismes de régulation.

Un déficit peut donc contribuer à perturber certains équilibres métaboliques.


6. Zinc et glycémie : un lien avec l'insuline

Le zinc intervient dans le métabolisme des glucides et joue un rôle particulier dans le fonctionnement du pancréas.

Il participe notamment à la synthèse, au stockage et à la sécrétion de l'insuline, hormone indispensable à la régulation de la glycémie.

Les cellules bêta du pancréas utilisent en effet le zinc pour stocker l'insuline sous forme de granules.

Des perturbations du métabolisme du zinc ont été observées chez certaines personnes présentant un diabète ou une résistance à l'insuline.

Cela ne signifie évidemment pas qu'une supplémentation en zinc remplace les mesures alimentaires ou les traitements du diabète, mais un apport suffisant contribue au fonctionnement normal de ces mécanismes.


7. Croissance, renouvellement cellulaire et protection antioxydante

Le zinc intervient dans la synthèse de l'ADN, la division cellulaire et la fabrication des protéines.

Il est donc particulièrement important pendant les périodes de croissance, notamment chez l'enfant et l'adolescent.

Un déficit important peut d'ailleurs entraîner un ralentissement de la croissance.

Le zinc joue aussi un rôle dans les mécanismes de protection antioxydante, notamment à travers l'enzyme superoxyde dismutase (Cu/Zn-SOD), qui contribue à neutraliser certains radicaux libres.

Il intervient ainsi dans de nombreux processus fondamentaux de réparation, de renouvellement et de protection des cellules.


8. Comment reconnaître un manque de zinc ?

Les manifestations d'un déficit en zinc peuvent être très diverses.

Parmi les signes possibles, on retrouve :

  • Une sensibilité accrue aux infections.

  • Une cicatrisation plus lente.

  • Une chute de cheveux, parfois accompagnée d'une perte des cils ou des sourcils.

  • Des ongles fragiles, cassants ou dédoublés.

  • Certains problèmes cutanés : acné, eczéma, irritations persistantes.

  • Une diminution du goût ou de l'odorat.

  • Une baisse de la libido ou des troubles de la fertilité.

  • Une fatigue ou des difficultés de concentration.

  • Un ralentissement de la croissance chez l'enfant en cas de déficit important.

Les petites taches blanches sur les ongles sont parfois attribuées à un manque de zinc, mais elles résultent le plus souvent de microtraumatismes et ne constituent pas un signe fiable de carence.

Ces symptômes ne sont pas spécifiques : leur présence ne signifie donc pas automatiquement qu'il manque du zinc.


Qui risque davantage de manquer de zinc ?

Plusieurs situations peuvent favoriser un déficit :

  • Une alimentation pauvre en zinc, notamment lorsque les produits animaux sont peu consommés.

  • Une alimentation végétarienne ou végétalienne, en raison notamment de la présence de phytates qui diminuent l'absorption du zinc végétal.

  • Des troubles digestifs chroniques, comme certaines diarrhées persistantes ou maladies entraînant une malabsorption.

  • Les périodes de besoins accrus, notamment la croissance, la grossesse et l'allaitement.

  • Certaines maladies chroniques, dont les maladies rénales ou les situations inflammatoires prolongées.

  • Le stress chronique, qui peut contribuer à modifier les besoins et les équilibres nutritionnels.

  • Certains médicaments, notamment les chélateurs comme la D-pénicillamine.

  • Il existe également des interactions entre le zinc et d'autres minéraux, particulièrement le cuivre et le cadmium.

  • Une situation que je rencontre très fréquemment en consultation concerne les mamans ayant eu un ou plusieurs enfants. La grossesse et l'allaitement augmentent considérablement les besoins nutritionnels, notamment en zinc. Lorsque les apports sont insuffisants, surtout si un déficit existait déjà avant la grossesse, il peut être difficile de reconstituer ses réserves après l'accouchement. Les compléments prénataux et les vitamines de grossesse ne suffisent pas toujours à couvrir les besoins individuels, particulièrement lorsque les grossesses sont rapprochées ou que l'allaitement se prolonge. C'est donc un point auquel je suis particulièrement attentif chez les jeunes mamans.


9. Quels aliments sont riches en zinc ?

L'alimentation constitue naturellement la première source de zinc.

Les huîtres sont de loin parmi les aliments les plus riches en zinc, mais on en trouve également dans de nombreux autres aliments.

Aliments

Intérêt nutritionnel

Huîtres

Source exceptionnellement riche en zinc

Viandes, notamment viande rouge

Zinc généralement bien assimilé

Poissons et fruits de mer

Apport intéressant en zinc et autres nutriments

Œufs, notamment le jaune

Apport complémentaire

Graines de courge et noix

Sources végétales intéressantes

Lentilles, pois chiches et autres légumineuses

Zinc associé à des fibres et protéines végétales

Céréales complètes et germe de blé

Sources végétales de zinc

Il faut toutefois savoir que le zinc d'origine animale est généralement mieux absorbé que celui des végétaux.

Les phytates présents dans les céréales complètes et les légumineuses peuvent en effet limiter son assimilation. Le trempage, la germination ou la fermentation peuvent contribuer à réduire cet effet.


10. Quelle forme de zinc choisir en complément alimentaire?

Toutes les formes de zinc ne présentent pas exactement les mêmes caractéristiques.

La quantité de zinc élémentaire, la forme chimique utilisée, la tolérance digestive et le dosage sont des critères importants.

Chez Alternatures, plusieurs formes permettent d'adapter la supplémentation aux besoins de chacun.


Zinc Forte – Deba Pharma : une formule fortement dosée

Le Zinc Forte de Deba Pharma apporte 45 mg de zinc élémentaire par comprimé, sous forme de zinc monométhionine.

Cette forme organique, dans laquelle le zinc est lié à l'acide aminé méthionine, présente une très bonne biodisponibilité et est généralement bien tolérée sur le plan digestif.

Autre avantage intéressant : les comprimés sont sécables. Il est donc possible de prendre seulement ½ comprimé, soit 22,5 mg de zinc, lorsque l'on souhaite une supplémentation plus modérée.

Cette flexibilité permet d'adapter plus facilement le dosage aux besoins individuels, tout en conservant une forme de zinc bien assimilée.

C'est une forme que j'utilise notamment dans certains accompagnements où le bilan met en évidence un besoin important.

Le dosage doit cependant être adapté à la situation : 45 mg par jour représentent une quantité élevée, qui n'est pas destinée à une supplémentation prolongée sans suivi.


Zinc bisglycinate : une forme douce et bien assimilée

Le bisglycinate de zinc est une forme chélatée dans laquelle le zinc est lié à deux molécules de glycine, un acide aminé.

Cette forme est appréciée pour sa bonne assimilation et sa tolérance digestive.

Elle peut être particulièrement intéressante pour les personnes qui souhaitent un apport plus modéré.

Nous proposons notamment deux références :

  • Zincyl Therascience, une formule intéressante pour une supplémentation adaptée.

  • Zinc Platinum Mannavital, qui constitue une alternative plus économique, tout en utilisant également cette forme chélatée de zinc.

Le choix entre ces produits dépendra notamment de leur dosage en zinc élémentaire, des autres ingrédients éventuels et des besoins individuels.



11. Peut-on prendre trop de zinc ?

Oui ! Même s'il s'agit d'un oligoélément indispensable, un apport excessif peut déséquilibrer le métabolisme d'autres minéraux.

Le principal point de vigilance concerne le cuivre.

Une supplémentation prolongée à fortes doses de zinc peut diminuer l'absorption intestinale du cuivre et, à terme, provoquer une carence.

Cela peut notamment entraîner des troubles hématologiques, une anémie ou des manifestations neurologiques.

Il est donc important de tenir compte de la durée de supplémentation et des apports provenant des autres compléments alimentaires.

Le zinc peut également provoquer des nausées ou des inconforts digestifs, particulièrement lorsqu'il est pris à jeun.

L'objectif n'est pas de prendre le plus de zinc possible, mais de retrouver un équilibre adapté aux besoins de l'organisme.


12. Comment évaluer son statut en zinc ?

Lorsqu'un déficit est suspecté, plusieurs éléments peuvent être pris en compte : les habitudes alimentaires, les symptômes, les antécédents digestifs et les éventuelles supplémentations déjà en cours.

Une prise de sang avec dosage du zinc sérique ou plasmatique peut être utile, même si son interprétation dépend notamment du contexte inflammatoire et des conditions du prélèvement.

Dans ma pratique, j'utilise également l'Oligoscan, un outil qui me permet d'explorer les équilibres en oligoéléments et d'orienter les conseils de micronutrition.

Il peut notamment m'amener à m'intéresser au zinc, au cuivre et à leurs équilibres respectifs, en complément de l'évaluation globale de la personne.


En conclusion

Le zinc est bien plus qu'un simple oligoélément destiné à soutenir l'immunité !

Il intervient dans la santé de la peau, la cicatrisation, la croissance des cheveux, la fertilité, les hormones, la glycémie, le système nerveux, la réparation de la muqueuse intestinale et la protection des cellules.

Un apport insuffisant peut donc se manifester de nombreuses façons, parfois discrètes.

L'alimentation reste la première source de zinc, mais une supplémentation ciblée peut être intéressante lorsque les apports sont insuffisants ou que les besoins sont augmentés.

Qu'il s'agisse du zinc monométhionine ou du bisglycinate, le bon choix dépend avant tout du dosage, de la tolérance et des besoins individuels.


Vous vous reconnaissez dans certains signes d'un manque de zinc ? Lors d'une consultation en naturopathie, nous pouvons faire le point sur vos besoins, votre alimentation et vos éventuels déséquilibres en oligoéléments, notamment à l'aide de l'Oligoscan, afin de déterminer si une supplémentation personnalisée serait intéressante.


📚 Bibliographie

Références scientifiques

  1. Prasad AS. Zinc in Human Health: Effect of Zinc on Immune Cells. Molecular Medicine. 2008;14(5–6):353–357.https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC2277319/

  2. Roohani N, Hurrell R, Kelishadi R, Schulin R. Zinc and its importance for human health: An integrative review. Journal of Research in Medical Sciences. 2013;18(2):144–157.https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC3724376/

  3. Chasapis CT, Ntoupa PSA, Spiliopoulou CA, Stefanidou ME. Recent aspects of the effects of zinc on human health. Archives of Toxicology. 2020;94:1443–1460.https://doi.org/10.1007/s00204-020-02702-9

  4. Maares M, Haase H. Zinc and immunity: An essential interrelation. Archives of Biochemistry and Biophysics. 2016;611:58–65.https://doi.org/10.1016/j.abb.2016.03.022

  5. Sturniolo GC, Di Leo V, Ferronato A, D'Odorico A, D'Incà R. Zinc supplementation tightens “leaky gut” in Crohn's disease. Inflammatory Bowel Diseases. 2001;7(2):94–98.https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/11383597/

  6. Gammoh NZ, Rink L. Zinc in Infection and Inflammation. Nutrients. 2017;9(6):624.https://doi.org/10.3390/nu9060624

Références complémentaires

  1. National Institutes of Health, Office of Dietary Supplements. Zinc – Fact Sheet for Health Professionals.https://ods.od.nih.gov/factsheets/Zinc-HealthProfessional/

  2. European Food Safety Authority (EFSA). Dietary Reference Values for zinc. EFSA Journal. 2014;12(10):3844.https://doi.org/10.2903/j.efsa.2014.3844

 
 
 

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