Aphtes à répétition : pourquoi reviennent-ils et comment les soulager naturellement ?

Petits mais parfois très douloureux, les aphtes sont des ulcérations superficielles de la muqueuse buccale. Ils apparaissent généralement à l’intérieur des lèvres ou des joues, sur la langue, sous la langue ou encore au niveau des gencives.
Un aphte isolé de temps en temps est généralement banal. En revanche, lorsque les aphtes reviennent régulièrement, sont nombreux ou apparaissent par poussées, il devient intéressant de ne plus seulement chercher à les soulager : pourquoi reviennent-ils ?
Car l’aphtose récidivante est une problématique multifactorielle dans laquelle peuvent intervenir le stress, le terrain immunitaire, certaines carences, l’alimentation, la sphère digestive, des traumatismes locaux et probablement, chez certaines personnes, les variations hormonales.
Un aphte, c’est quoi exactement ?
L’aphte se présente généralement comme une petite ulcération ronde ou ovale, blanchâtre ou jaunâtre au centre et entourée d’un halo rouge inflammatoire.
La forme la plus courante mesure quelques millimètres et cicatrise spontanément en une à deux semaines. Il existe toutefois des formes plus importantes ou des poussées constituées d’une multitude de petites lésions.
Contrairement à une idée assez répandue, un aphte n’est pas un bouton de fièvre.
Le bouton de fièvre est lié au virus de l’herpès et apparaît le plus souvent sur ou autour des lèvres. L’aphte apparaît principalement à l’intérieur de la bouche, n’est pas provoqué par le virus de l’herpès et n’est pas contagieux.
Pourquoi certaines personnes ont-elles régulièrement des aphtes ?
Il n’existe pas toujours une cause unique. C’est souvent l’association de plusieurs facteurs qui crée un terrain favorable.
Le terrain immunitaire, la fatigue et le stress
L’aphtose récidivante fait intervenir des mécanismes immunitaires complexes, notamment une réponse immunitaire à médiation cellulaire au niveau de la muqueuse buccale. Il est donc plus juste de parler de perturbation ou de sollicitation du terrain immunitaire que de considérer systématiquement les aphtes comme la conséquence d’une simple « baisse d’immunité ».
En pratique, je constate fréquemment des poussées d’aphtes pendant des périodes de :
fatigue importante ;
stress ;
surmenage ;
infections ou périodes durant lesquelles l’organisme est davantage sollicité.
Chez les enfants également, les aphtes peuvent apparaître par périodes, notamment lorsque leur organisme et leur système immunitaire sont fortement sollicités.
Le stress est d’ailleurs régulièrement retrouvé parmi les facteurs associés aux poussées d’aphtose récidivante.
Et la gemmothérapie ?
Lorsque les aphtes deviennent chroniques ou reviennent régulièrement, je m’intéresse également au terrain immunitaire.
Dans ma pratique, j’obtiens notamment de bons résultats avec GEM-IMMU d’Alphagem, un complexe de gemmothérapie destiné au soutien des défenses naturelles.
Je l’utilise principalement dans les problématiques infectieuses récidivantes, comme l’herpès labial ou les verrues, mais il peut également trouver sa place chez certaines personnes présentant des aphtes à répétition, particulièrement lorsque les poussées surviennent dans un contexte de fatigue ou de fragilité immunitaire.
Fer, vitamine B12, B9, zinc : pensons aux carences
C’est probablement l’un des points les plus intéressants lorsqu’une personne souffre d’aphtes à répétition.
Des déficits en fer/ferritine, vitamine B12 et acide folique (vitamine B9) sont plus fréquemment retrouvés chez les personnes présentant une aphtose récidivante. Le zinc mérite également d’être évalué selon le terrain.
Chez une personne qui présente régulièrement des aphtes, il peut donc être pertinent de vérifier notamment :
ferritine – fer – vitamine B12 – vitamine B9 – zinc.
Cela ne signifie évidemment pas qu’il faut prendre systématiquement tous ces nutriments : on recherche d’abord les éventuelles carences et on corrige ce qui doit l’être.
Et si l’origine était digestive ?
C’est un axe à ne pas négliger.
Les aphtes récidivants peuvent parfois être associés à une maladie cœliaque, une maladie de Crohn ou une rectocolite hémorragique. Dans certaines situations, une mauvaise assimilation digestive peut également favoriser des déficits en fer, B12 ou B9 qui entretiennent le problème.
Cela ne veut bien sûr pas dire que quelques aphtes indiquent une maladie intestinale !
Mais face à des aphtes très fréquents associés à des troubles digestifs, une anémie, des carences récurrentes ou une fatigue inexpliquée, la sphère digestive mérite clairement d’être explorée.
Certains aliments peuvent-ils favoriser les aphtes ?
Chez certaines personnes, oui.
Les aliments très acides, épicés ou irritants peuvent surtout augmenter la douleur d’un aphte déjà présent. Certaines personnes identifient également des aliments qui semblent précéder régulièrement leurs poussées.
Plutôt que d’établir une longue liste d’interdits alimentaires, le plus intéressant est donc d’observer son propre terrain et d’identifier d’éventuels déclencheurs récurrents.
Les petits traumatismes jouent également un rôle : morsure de la joue, appareil orthodontique, prothèse dentaire, brossage trop agressif ou petite blessure peuvent favoriser l’apparition d’une ulcération chez une personne prédisposée.
Et les hormones ?
Certaines femmes constatent que leurs aphtes apparaissent davantage à certains moments du cycle menstruel.
Les variations hormonales font partie des facteurs proposés dans l’aphtose récidivante, mais leur rôle exact reste encore mal établi scientifiquement. Toutes les femmes ne présentent évidemment pas cette relation.
La grossesse entraîne elle aussi d’importantes modifications hormonales et immunitaires, mais elle n’est pas considérée à ce jour comme une cause démontrée d’aphtes récidivants.
Ici encore, l’observation individuelle est donc plus intéressante qu’une règle générale.
Que faire lorsqu’un aphte apparaît ?
Rechercher le terrain est essentiel lorsqu’ils reviennent régulièrement. Mais lorsqu’un aphte est là et qu’il fait mal, on aimerait surtout le soulager rapidement !
Le Laurier noble : la solution la plus simple en aromathérapie
En aromathérapie, j’utilise volontiers l’huile essentielle de Laurier noble en application locale ciblée.
Sur un aphte isolé et facilement accessible, elle constitue une solution particulièrement simple : une très petite quantité est appliquée directement et précisément sur l’aphte.
Comme toujours avec l’utilisation d’une huile essentielle pure, l’application doit rester très localisée et les précautions habituelles d’utilisation doivent être respectées.
Une synergie d’huiles essentielles plus complète
Dominique Baudoux propose également dans son ouvrage Aromathérapie – Se soigner par les huiles essentielles la synergie suivante :
HE Laurier noble : 3 ml
HE Bois de rose : 1 ml
HE Cajeput : 1 ml
HE Menthe des champs : 1 ml
Appliquer 2 gouttes du mélange localement, 3 fois par jour pendant 5 jours.
Cette formule en aromathérapie est particulièrement adaptée lorsqu’il existe un ou quelques aphtes bien localisés et facilement accessibles.
Plusieurs aphtes ? Pensons aux hydrolats !
Lorsque les aphtes sont nombreux, dispersés dans la bouche ou difficiles à atteindre, l’application précise d’une huile essentielle devient rapidement plus compliquée.
Les hydrolats prennent alors tout leur intérêt.
Ils permettent de réaliser un spray buccal ou un collutoire, beaucoup plus facile à répartir sur plusieurs lésions et sur l’ensemble des zones concernées. Leur concentration en molécules aromatiques est également beaucoup plus faible que celle des huiles essentielles : ils constituent donc une solution particulièrement intéressante lorsque les huiles essentielles sont trop compliquées à utiliser ou que l’on recherche une approche plus douce.
J’utilise le mélange suivant :
Spray ou collutoire aux hydrolats
HA Laurier noble : 40 %
HA Giroflier : 20 %
HA Sauge officinale : 20 %
HA Tea tree ou Thym à thujanol : 20 %
À utiliser localement en spray ou en collutoire, selon le nombre et la localisation des aphtes.
Le Laurier noble constitue la base du mélange. Le Giroflier apporte notamment son eugénol, la Sauge officinale est traditionnellement utilisée pour son intérêt sur les muqueuses et la cicatrisation, tandis que le Tea tree ou le Thym à thujanol complète la formule pour son action assainissante.
C’est donc une formule que j’apprécie particulièrement lorsque plusieurs aphtes apparaissent simultanément.
Lorsque les aphtes reviennent : traiter l’aphte ne suffit plus
C’est probablement le message le plus important de cet article.
Si vous avez un aphte deux fois par an, inutile de rechercher absolument une pathologie cachée.
Mais lorsque les poussées se répètent, il devient intéressant de rechercher le terrain qui favorise leur apparition :
fatigue, stress et terrain immunitaire
fer et ferritine
vitamines B12 et B9
zinc
alimentation et éventuels aliments déclencheurs
troubles digestifs ou problèmes de malabsorption
traumatismes répétés de la muqueuse
éventuelle influence du cycle hormonal.
Une prise de sang peut donc être pertinente dans certaines situations, notamment pour rechercher une anémie ou une carence en fer, B12 ou B9.
Selon le terrain, une évaluation plus globale de l’alimentation, de la digestion et du statut micronutritionnel peut également permettre de comprendre pourquoi les récidives persistent.
L’objectif est alors de corriger la cause ou les facteurs favorisants, plutôt que d’attendre l’aphte suivant pour recommencer uniquement un traitement local.
Quand faut-il consulter ?
Un aphte banal cicatrise généralement spontanément en une à deux semaines.
En revanche, un avis médical ou dentaire est indiqué devant une ulcération qui ne cicatrise pas, devient particulièrement importante, récidive continuellement ou s’accompagne d’autres symptômes.
Une attention particulière est nécessaire en présence de fièvre, amaigrissement inexpliqué, symptômes digestifs importants, lésions cutanées, ulcérations génitales ou manifestations oculaires.
L’association d’aphtes buccaux récidivants avec des atteintes génitales et/ou oculaires peut notamment faire partie du tableau de certaines maladies inflammatoires systémiques telles que la maladie de Behçet et nécessite une évaluation médicale.
En conclusion
Un aphte occasionnel est généralement un petit problème local que l’on peut assez facilement accompagner avec le Laurier noble ou une synergie d’huiles essentielles.
Lorsque les aphtes sont multiples, dispersés ou que les huiles essentielles sont moins pratiques à utiliser, les hydrolats en spray ou en collutoire constituent une alternative particulièrement intéressante.
Mais lorsque les aphtes deviennent chroniques ou récidivants, le véritable travail commence ailleurs.
Stress, fatigue, terrain immunitaire, fer, ferritine, vitamines B12 et B9, zinc, intestin, alimentation et éventuellement terrain hormonal sont autant de pistes à explorer selon la personne. Dans certains cas, un soutien du terrain par la gemmothérapie, notamment avec GEM-IMMU, peut également trouver sa place.
Comme souvent en naturopathie, l’objectif n’est donc pas uniquement de faire disparaître le symptôme, mais de se poser une question essentielle : « Pourquoi revient-il ? »
C’est cette recherche de la cause et du terrain qui permet de mettre en place un accompagnement réellement personnalisé. N'hésitez pas à prendre rendez-vous en consultation pour en parler.
📚 Bibliographie & références scientifiques
Chiang CP, Chang JYF, Wang YP, Wu YH, Wu YC, Sun A. Recurrent aphthous stomatitis – Etiology, serum autoantibodies, anemia, hematinic deficiencies, and management. Journal of the Formosan Medical Association. 2019;118(9):1279-1289.
Akintoye SO, Greenberg MS. Recurrent Aphthous Stomatitis. Dental Clinics of North America. 2014;58(2):281-297. Cette revue aborde notamment les déficits nutritionnels (fer, folates, vitamines B), le stress et les phénomènes de malabsorption.
Nieri M, et al. Beyond the Gut: A Systematic Review of Oral Manifestations in Celiac Disease. Journal of Clinical Medicine. 2023. Revue systématique montrant notamment la fréquence accrue des aphtes récidivants chez les patients atteints de maladie cœliaque.
Shavakhi M, Sahebkar A, Shirban F, Bagherniya M. The efficacy of herbal medicine in the treatment of recurrent aphthous stomatitis: A systematic review of randomized clinical trials. Phytotherapy Research. 2022;36(2):672-685.
Srivastava A, et al. Evidence-based effectiveness of herbal treatment modality for recurrent aphthous ulcers – A systematic review and meta-analysis. National Journal of Maxillofacial Surgery. 2021;12(3):303-310.
📚 Ouvrages & références professionnelles
Baudoux D. Se soigner par les huiles essentielles. Éditions Amyris. — pour la synergie d’huiles essentielles contre les aphtes reprise dans l’article.
Andrianne P. Le Traité de Gemmothérapie. Éditions Amyris.




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