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Candidose intestinale : symptômes, causes et solutions naturelles pour rééquilibrer le microbiote

il y a 4 jours
7 min de lecture

Ballonnements, fatigue persistante, envies de sucre, mauvaise haleine, problèmes ORL à répétition… Et si certains de ces symptômes apparemment sans rapport avaient une origine commune ?

Parmi les pistes à explorer figure la candidose intestinale, souvent évoquée lorsqu'une prolifération excessive de levures, notamment Candida albicans, est suspectée dans notre système digestif.

Mais attention : le Candida peut être naturellement présent dans notre intestin sans provoquer le moindre problème. C'est surtout l'équilibre global du microbiote qui nous intéresse.

Voyons comment reconnaître les signes possibles d'une dysbiose fongique, quels examens peuvent aider à l'explorer et quelles solutions naturelles peuvent être envisagées.


1. Candida albicans et dysbiose intestinale

Notre intestin abrite des milliards de micro-organismes : bactéries, levures, virus… Cet ensemble constitue notre microbiote intestinal, qui participe notamment à la digestion, à l'immunité et à la communication entre l'intestin et le cerveau.

Parmi ces micro-organismes, on retrouve Candida albicans, une levure qui peut être naturellement présente dans notre tube digestif.

Lorsque l'équilibre du microbiote est perturbé, on parle de dysbiose. Celle-ci peut concerner les bactéries, mais également les levures : on parle alors de dysbiose fongique.


Plusieurs facteurs peuvent favoriser ce déséquilibre :

  • Les antibiotiques, qui peuvent réduire certaines populations bactériennes protectrices.

  • Une alimentation riche en sucres raffinés et en produits ultra-transformés.

  • Le stress chronique, qui influence le fonctionnement digestif.

  • Certains médicaments, notamment les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) et les traitements immunosuppresseurs.

  • Une immunité affaiblie ou un diabète mal équilibré, qui peuvent favoriser certaines infections à Candida.


2. Des symptômes parfois très surprenants !

Les troubles digestifs constituent souvent les premiers signes qui attirent l'attention. Mais les manifestations évoquées dans les approches de la candidose chronique peuvent être beaucoup plus variées.

La checklist élaborée par le Dr. Thierry Schmitz, que j'aime parfois montrer à mes patients, illustre justement cette diversité.

Parmi les symptômes possibles, on retrouve :

  • Troubles digestifs : ballonnements, gaz, crampes abdominales, constipation ou diarrhée.

  • Fatigue et troubles nerveux : fatigue persistante, brouillard mental, difficultés de concentration, troubles de la mémoire ou variations de l'humeur.

  • Troubles métaboliques : envies fréquentes de sucre, fringales et prise de poids inexpliquée.

  • Odeurs corporelles : mauvaise haleine persistante, transpiration ou autres odeurs corporelles inhabituelles.

  • Troubles ORL : nez régulièrement bouché, écoulement post-nasal, irritations de la gorge, problèmes d'oreilles ou infections ORL répétées.

  • Troubles visuels : petits points ou filaments mobiles devant les yeux, appelés corps flottants.

  • Autres manifestations : sensibilités alimentaires, démangeaisons cutanées ou mycoses à répétition (peau, ongles, organes génitaux...).


Quand plusieurs petits symptômes cachent un déséquilibre plus global…

C'est une situation que je rencontre régulièrement en consultation : une personne présente des ballonnements, une fatigue persistante, des envies de sucre, une mauvaise haleine, des problèmes ORL récurrents ou encore des corps flottants devant les yeux.

Pris séparément, ces symptômes peuvent sembler anodins ou sans rapport. La personne a parfois consulté plusieurs professionnels, sans qu'un lien ait été envisagé entre ces différentes manifestations.

C'est pourtant leur accumulation qui peut attirer mon attention.

Plutôt que de considérer chaque symptôme isolément, il peut être intéressant de rechercher un éventuel déséquilibre commun, notamment au niveau du microbiote intestinal.

Cela ne signifie évidemment pas que tous ces symptômes sont provoqués par une candidose. Beaucoup sont peu spécifiques, et le lien entre certains d'entre eux et une prolifération intestinale de Candida n'est pas toujours clairement établi.

La checklist de Thierry Schmitz n'est donc pas un outil diagnostique, mais elle permet d'illustrer l'intérêt d'une approche globale plutôt que strictement symptomatique.


3. Comment explorer une candidose intestinale ?

Une analyse des selles peut rechercher la présence de levures, notamment Candida albicans. Cependant, retrouver du Candida dans les selles ne signifie pas nécessairement qu'il est responsable des symptômes.

Dans ma pratique, je m'intéresse surtout aux M.O.U. (métabolites organiques urinaires).

Cet examen recherche différents métabolites dans les urines, dont certains sont utilisés comme indicateurs indirects d'une activité fongique.

Le module fongique s'intéresse notamment à l'arabinose, au D-arabinitol et à certains acides organiques.

Les résultats peuvent apporter des pistes complémentaires dans l'exploration d'une dysbiose. Toutefois, ces marqueurs ne sont pas tous spécifiques du Candida et le M.O.U. ne permet pas, à lui seul, de confirmer une candidose intestinale.

L'interprétation doit donc toujours tenir compte des symptômes, du contexte et des autres causes possibles.


⚠️ Candidose ou SIBO : attention à ne pas confondre !

C'est une distinction que je trouve particulièrement importante.

Il m'arrive de recevoir des personnes ayant déjà été accompagnées pour un SIBO (prolifération bactérienne de l'intestin grêle), alors que leur bilan de M.O.U. présentait également des marqueurs fongiques élevés.

Ces deux types de dysbiose peuvent provoquer des symptômes très proches, notamment des ballonnements, des gaz et des troubles du transit. Ils peuvent aussi coexister.

Certaines substances naturelles, comme l'origan ou la berbérine, possèdent d'ailleurs des propriétés antimicrobiennes étudiées dans différents contextes.

En revanche, les approches alimentaires ne sont pas nécessairement les mêmes.

Le régime pauvre en FODMAP, souvent proposé pour réduire les fermentations intestinales, est notamment utilisé dans certains troubles digestifs fonctionnels et parfois en cas de SIBO.

Mais il ne constitue pas un régime spécifique de la candidose intestinale.

Je trouve donc regrettable de proposer systématiquement un régime FODMAP à toute personne présentant une dysbiose, sans chercher à mieux comprendre la nature du déséquilibre.

Nous consacrerons prochainement un article spécifique au SIBO.


4. Quelle alimentation adopter en cas de candidose intestinale ?

Je m'appuie sur les recommandations alimentaires du Dr Serge Balon-Perin, qui fut l'un de mes professeurs de nutrition.

Son approche consiste à limiter certains aliments susceptibles d'accentuer l'inconfort digestif, tout en conservant une alimentation suffisamment variée.


Les aliments à limiter

  • Sucres et sucreries : bonbons, pâtisseries, sodas, biscuits sucrés…

  • Produits de boulangerie raffinés : pain blanc, viennoiseries, gaufres…

  • Certains aliments fermentescibles, lorsqu'ils sont mal tolérés : oignons, poireaux, certains choux, pois chiches…

  • Certains produits laitiers, notamment ceux contenant du lactose, ainsi que les fromages fermentés ou à pâte molle.

  • Alcool.


Les aliments à privilégier

  • Légumes variés et bien tolérés.

  • Fruits entiers.

  • Viandes, volailles, poissons et œufs.

  • Riz, quinoa, pommes de terre et autres féculents adaptés.

  • Amandes, noix et noisettes.

  • Huiles de qualité, notamment l'huile d'olive.

L'objectif n'est pas de supprimer tous les glucides ni de suivre un régime excessivement restrictif.

Comme le soulignait le Dr Balon-Perin, cette approche alimentaire ne constitue pas, à elle seule, un traitement de la candidose : elle vise avant tout à améliorer la tolérance digestive.


5. Les solutions naturelles

Plusieurs substances naturelles présentent des propriétés intéressantes, notamment dans des études expérimentales portant sur Candida.

En naturopathie, elles peuvent être envisagées dans une démarche d'accompagnement individualisée.


Cet acide gras présent notamment dans l'huile de coco est étudié pour ses propriétés antifongiques et son action sur les membranes de certaines levures.

Riche en carvacrol et en thymol, l'origan possède des propriétés antimicrobiennes et antifongiques observées en laboratoire. Ses extraits concentrés nécessitent une utilisation adaptée.

Le bourgeon de noyer (Juglans regia) est traditionnellement utilisé pour accompagner les déséquilibres du terrain intestinal, notamment dans les approches de dysbiose.


Cette formule associe notamment acide caprylique, olivier, ail, pépins de pamplemousse, scutellaire, resvératrol et une souche de Lactobacillus helveticus.

Elle permet de réunir plusieurs ingrédients dans un même complément.

Autre association comprenant notamment acide caprylique, olivier, bardane, cannelle, sarriette, zinc et biotine.

Elle contient également de petites quantités d'huiles essentielles intégrées à sa formulation.


Ce champignon utilisé en mycothérapie, notamment en médecine traditionnelle chinoise, est étudié pour ses polysaccharides et leurs effets biologiques.


Ces différentes possibilités ne sont pas destinées à être prises toutes ensemble. Le choix dépend de la situation individuelle, de la tolérance digestive et des éventuelles contre-indications.


6. Mon approche en consultation : un accompagnement en deux phases

Dans ma pratique, j'organise généralement l'accompagnement d'une dysbiose fongique en deux étapes successives.


Première phase : alimentation adaptée et traitement naturel pendant trois mois

Pendant environ trois mois, je propose une adaptation alimentaire inspirée du régime du Dr Balon-Perin, associée à une sélection de traitements naturels en fonction du terrain.

L'objectif est de travailler sur les facteurs qui entretiennent le déséquilibre intestinal, tout en améliorant progressivement le confort digestif.


Deuxième phase : rééquilibrage du microbiote avec les probiotiques

Dans un second temps, je propose généralement une cure de probiotiques pendant au moins un mois.

J'utilise notamment les probiotiques de Therascience :

  • HPI-10, apportant 10 milliards de micro-organismes par dose, dans les situations nécessitant un soutien plus modéré.

  • HPI-60, apportant 60 milliards de micro-organismes par dose, lorsque je souhaite une supplémentation plus concentrée.

Le choix dépend de l'importance du déséquilibre suspecté, de la tolérance digestive et du contexte individuel.


En conclusion

La candidose intestinale s'inscrit dans une réflexion plus large sur l'équilibre du microbiote et les dysbioses.

Les symptômes peuvent être nombreux, parfois surprenants, mais ils ne suffisent pas à identifier une prolifération de Candida.

Une approche personnalisée doit donc tenir compte de l'alimentation, du contexte digestif, des facteurs favorisants et, lorsque cela est pertinent, des examens complémentaires.

L'objectif n'est pas de chercher à éliminer toutes les levures de notre intestin, mais de retrouver un microbiote équilibré et un meilleur confort digestif.


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📚 Bibliographie

  1. Iliev ID, Leonardi I. Fungal dysbiosis: immunity and interactions at mucosal barriers. Nature Reviews Immunology. 2017;17:635–646.

  2. Kumamoto CA. Inflammation and gastrointestinal Candida colonization. Current Opinion in Microbiology. 2011;14(4):386–391.

  3. Mayer FL, Wilson D, Hube B. Candida albicans pathogenicity mechanisms. Virulence. 2013;4(2):119–128.

  4. McFarland LV. Systematic review and meta-analysis of Saccharomyces boulardii in adult patients. World Journal of Gastroenterology. 2010;16(18):2202–2212.

  5. Dr Serge Balon-Perin. Supports pédagogiques de nutrition : prolifération fongique, M.O.U. et recommandations alimentaires.

  6. Sébastien Delronge – Alternatures. Introduction à la Nutrition. Support de formation, chapitre consacré aux dysbioses intestinales.

 
 
 

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